Choeur d'hommes
Champagne
La Concorde

Contexte

L'Europe occidentale au 19ème siècle était en pleine mutation politique et sociale. Les courants d'unité nationale étaient grandissants. En Suisse, cela se traduisit entre autre par la création de toute une série de sociétés locales (tirs, choeurs, fanfares, gymnastiques, jeunesses, étudiants, etc...), inspirées de modèles militaires (discipline, uniforme, drapeau). Ainsi, chacun à sa manière pouvait, s'il le souhaitait, s'acquitter de son devoir moral envers la Patrie, en se divertissant.


L'école n'était pas en reste et les petits Vaudois apprenaient dans le détail l'histoire et la géographie de la Suisse primitive et orientale bien avantcelles des départements français limitrophes !

Les premiers choeurs d'hommes sont issus des sociétés académiques d'étudiants. En 1842 déjà fut fondée la Société Fédérale de Chant à Aarau et, en 1853, la Société Cantonale des Chanteurs Vaudois. En 1876, soit 5 ans après les Bourbakis, la commune de Champagne assista à la naissance de son choeur d'hommes. Comme il se devait, les chants vantaient les valeurs traditionnelles au travers de l'amour de la nature (le Créateur) , des activités agricoles (le Travail), du culte des ancêtres (la Famille), des héros mythiques fondateurs (la Patrie) et des garants de la liberté (l'Armée). Probablement dans cet esprit qu'après un surprenant voyage à Milan en 1906 (quelques semaines après l'ouverture du Simplon), il fallu attendre 43 ans ou 13 sorties d'affilée pour que la Concorde sorte à nouveau des frontières, alors qu'elle n'hésitait pas à se rendre jusqu'en Suisse orientale ou au Tessin. Par contre, entre 1971 et 1987, elle s'est rattrapée avec 7 sorties à l'étranger (Innsbruck, Bourgogne, Iles Boromées, Vaduz, Alsace, Paris, Strasbourg) .Etait-ce un signe des temps ?


Sources

Premier bémol à la clé, les vingt premières années sont enveloppées d'un épais brouillard. Les documents les plus anciens à disposition sont de natures diverses : quelques annonces de concerts ou de soirées annuelles à la Croix-Blanche dans le Journal d'Yverdon (1877, 1894, 1897, 1902, 1904). Seuls émergent les noms de deux membres fondateurs (John Vautravers et Charles Nicollier) et quelques anecdotes: les décors étaient neufs en 1902 et la recette de la soirée de 1904 était prévue pour le musée scolaire. De plus, un cahier relevant les procès-verbaux du 3 novembre 1897 au 21 janvier 1900, ainsi qu'une photo très probablement prise en 1901 à l'occasion du 25ème anniversaire ont résisté aux affres du temps.

De 1900 à 1911, nous ne disposons que des partitions signées et datées par certains chanteurs. Dès 1911, et jusqu'en 1917, nous possédons le livre de la correspondance.

A partir du 27 août 1917 jusque dans les années soixante, les cahiers des procès-verbaux bihebdomadaires de la Société sont tous conservés. Ensuite, seules les assemblées générales sont relatées.

Heureusement, les souvenirs des ancien sont rempli certaines pages laissées blanches. Que les véritables encyclopédies vivantes que sont Henri Guilloud, Charly Madörin, Paul Perdrix, Serge Gonin, Pierre Rapin, Pierre-Alain Tharin et tant d'autres qui se reconnaîtront ici soient vivement remerciées pour leur disponibilité.

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